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Le petit prince a dit

Samedi 11 septembre 2004
Réveil difficile ce samedi, jour du départ pour Lomé : je me lève tôt pour aller acheter un disque dur de portable pour Joyce ...
9h15, je suis devant la devanture de GrosBill ... ils ouvrent à 9h30 et j'ai pas toute la journée, il faut finir de préparer les sacs et tout le reste pour pas être en retard pour l'avion, donc je suis là en avance.
Grande idée ... forcément, le magasin ouvre avec une heure de retard, j'oublie de noter le numéro de commande, persuadé que leur système est aussi bien pensé qu'il en donne l'air ... Un beau système de réservation rapide : de chez soi ou d'une borne dans le magasin, on fait sa commande et on fait “enlever en magasin”.
Une fois fait il suffit d'aller aux caisses dédiées au système où les hôtesses valident la commande et font l'encaissement.
Au cas où certains se poseraient la question : NON les autres caisses ne peuvent pas valider les commandes, non les hôtesses à ces points de validation ne peuvent effectuer de nouvelles commandes, oui c'est au client de se débrouiller comme un grand.
C'est bien pensé non ? sauf que lesdites hôtesses de caisse ne sont pas capables de retrouver les commandes autrement que par ce *ù§/ de numéro de réservation ...
11h et quelque, obligé de reprendre la queue aux bornes de commande rapide, puis aux caisses puis a l'enlèvement ... j'en peux plus j'abandonne ...
Tout ça pour rien.

Retour appart bien crispé(40-50 minutes de transport).
On termine de se préparer, on prend le temps, on décolle de l'appart ... on prend le métro, on prend le RER, on arrive à CDG, on prend la navette, on prend la file d'attente pour l'enregistrement (ouf on est quasiment les derniers ...)
On passe la douane, on arrive dans la zone de transit, on achète de quoi manger (comme ça va vite déjà 15h ... faim), on fait la queue, on monte dans l'avion, on s'arrange avec les gens pour échanger les places pour que Steph et moi soyons cote à cote ...
...
...
et on attend
...
...
on attend
...
...
...
on attend encore que cette activité météorologique communément nommée “Orage” veuille bien se donner la peine de laisser la place ... mais quel égoïste !!!
une heure de retard au décollage ... mais bon, ça y est, on est enfin en l'air, peu importe les petites turbulences de fillettes, le voisin de gauche trop à l'étroit dans son siège et qui déborde littéralement sur le mien, peu importe : ON EST EN ROUTE !!!!!
...
bon, ben maintenant, on fait quoi ?
=> ben on attend ... que veux tu faire d'autre dans un avion à par attendre ?
...
tiens pour m'occuper je vais mettre ma montre à l'heure de Lomé : 2 heures de moins ... yeah j'ai gagné 45s, reste combien de temps de trajet ? ... 4heures ? ... pfffff

Bref l'avion c'est cool, ça réduit les distances, mais ça reste quand même super long et ennuyeux.

20h50 Arrivée à Lomé !!
Youhou ça y est enfin !!!
On débarque de l'avion, on fait la queue à la douane sur la file “Passeport non Togo et VISA”. Une fois au bout le douanier demande à Stéphanie 10000 CFA : ben oui, cette file là c'est pour les demandes de VISA ... pour ceux qui en ont déjà, c'est la file “Passeport Togo” ... logique ...
On fait la queue, beaucoup plus de monde ... beaucoup plus long à attendre mais on s'en accommode parce que : ON EST ARRIVES !!!!!!!

On passe sans souci le contrôle des passeports, on récupère les bagages et on passe la douane. Euuuu, non, Stéphanie passe la douane, moi je reste coincé par le douanier :
“C'est quoi ? “ me demande t-il en tâtant vigoureusement le sac rempli de fromage dans mon sac.
“du fromage” avec le sourire
“haha, vous avez le certificat sanitaire ?”
“heu ...” moins le sourire
“pas de certificats ? ça va pas ça, je vais appeler mon collègue, il va venir s'occuper de vous”
En attendant, le douanier me glisse l'air de rien qu'il y a certainement moyen de s'arranger ...
“ben oui, mais j'ai pas de monaie moi ...”
“Pardon ?” ce 'rigolo' fait celui qui ne comprend pas ce que je veux dire ... un peu plus je voyais déjà le fonctionnaire me sortir un truc du genre “vous essayez de m'acheter ??”
Bref je n'enchaîne pas et j'attends gentiment le 'collègue' ...
Monsieur le douanier, responsable des contrôles sanitaires arrive, me demande de le suivre au bureau, ce que je fais le plus calmement possible, en train de me demander comment je vais bien pouvoir faire pour garder avec moi les 4.5 Kg de précieux fromage ...
Au moment de le suivre j'aperçois pour la première fois Joyce de l'autre coté ... snif MAIS POURQUOI MOI !!!!
On arrive donc dans une petite pièce climatisée (au moins un point positif, il y faisait bon).
“mais pourquoi vous avez pas les papiers pour votre fromage ? il faut des papiers pour importer les produits carnés, laitiers ...”
“je savais pas, j'ai déjà fait ça il y a deux ans et j'en avais pas eu besoin ...”
“oui mais les règlements changent en deux ans”
Bon là c'est difficile pour moi de ne pas rigoler ... les contrôles sanitaires n'ont pas bougé en 2 ans, c'est juste que le douanier à l'époque avait eu la flemme d'ouvrir mon sac pour vérifier le contenu ... mais surtout que je suis tombé cette année sur des fonctionnaires en manque de primes de résultats ... et c'est pas le genre de prime que l' Etat donne ... c'est plutôt le genre de prime que tout bon fonctionnaire détenant le pouvoir doit s'octroyer de manière autonome : le backchiche.
moi : “il doit bien y avoir un moyen ...”
“... oui certainement, que pouvez vous me proposer ?”
“ben le problème c'est que je viens juste de débarquer et que j'ai pas la monnaie ...”
“ha ....”
“mais il me reste un peu d'euros ... ”
“hum ... c'est pas un problème ça, on va aller faire du change !”
Je ne comprendrai jamais pourquoi ce balourd n'a pas voulu prendre mes 10 euros à ce moment là ? Qu'est ce qu'il gagnait à me faire faire le change ?
Et me voila en train de suivre le gros fonctionnaire à travers l'aéro-gare ... Joyce arrive avec Manu, je lui explique rapidement mon 'souci' qu'il comprend parfaitement : le douanier essaye de se faire payer le café, version en terrasse sur les Champs-Elysées ...
Joyce tente de négocier un tarif acceptable : zéro ... ce qui à pour effet d'énerver notre bon fonctionnaire qui décide donc de me ramener à son bureau pour me faire une saisie en bonne et due forme de ma marchandise.
Retour dans le bureau.
“C'est votre ami là, c'est pas bien ce qu'il fait, je suis obligé de faire la saisie ...”
“On peut oublier mon ami, on est tous les deux là ...” je lui tend mes 10 euros ... qu'il prend sans hésiter et me dit d'y aller.
Je sors, passe devant les autres douaniers sans me faire fouiller mon sac ... merde ... 10 euros de perdus ... 6500 CFA ... on peut vraiment dire qu'il a bien rentabilisé sa soirée lui ...

Mais bon ça y est, je suis de l'autre coté de la douane, accolade avec Joyce, Manu ... heureux d'être là
“Y a pas de doutes, je suis vraiment au Togo!!”

Direction les tacos, on monte et on se retrouve chez Joyce.
Sa nouvelle baraque est très grande, la terrasse est bien sympatoche, de belles soirées en perspective.
Il nous a préparé une chambre avec de quoi dormir en toute tranquillité : moustiquaire imbibée toute neuve, ventilateur ...

On termine la soirée tranquillement dans un maquis pas loin. A l'aller on passe le contrôle d'un militaire dont le but n'est pas de contrôler les gens mais de se faire “offrir” de quoi prendre le café ...
Au retour, pour éviter d'avoir à payer le café nous préférerons prendre le tacos : le prix doit être équivalent, sauf que là, le gars qui va récupérer l'argent l'aura mérité.

Dimanche 12 septembre,
On se lève tranquillement, Steph a moyennement dormi mais ça va, pas de problème pour moi, un peu chaud mais ça va.
Petit dej' de roi avec jus d'orange pressé et croissants !!!
Manu arrive, on prend un taxi, direction Aneho : on va voir Séraphin.
Le taxi, qui s'était déjà acquitté de la taxe 'Du Café pour nos fonctionnaires', en voyant au loin un barrage décide de faire un détour. Bonne idée, encore faut-il arriver à ne pas de perdre ni à ensabler la voiture ... ce n'est pas évident mais au final, il y arrive.
A la descente du taxi, on aurait pu me demander : “mais pourquoi t'as fait tout le trajet fenêtre ouverte ?”, à cela j'aurais répondu “euh, en fait il n'y avait pas de fenêtres ...”
On prend les zem, qui nous baladent de villages en villages ... à la recherche de quelq'un qui pourra leur dire qui sait où habite Séraphin ... ça prend un peu de temps ... mais après 2-3 tentatives on y arrive enfin.
Séraphin nous accueille avec un chaleur démesurée : c'est bon d'être là à ce moment là.
Il nous offre le sodabi, la journée s'annonce difficile pour mon foie.
Cette première impression se confirme rapidement ... la cuite est inévitable (de toute façon, j'avais pas vraiment envie de l'éviter).
On visite les gens de ce petit village, la famille de Séraphin, le chef du village unijambiste escorté par ses relations (dont un militaire).
On nous offre à manger, à boire à remanger ... prendre le temps de siroter DES Flag (les moments forts) en terrasse puis retourner manger ... boire ...
La soirée arrive et je commence à ressentir les effets moins agréables de l'alcool ... tant pis ... faut gérer maintenant.
On chope des zem qui nous ramènent à la ville, d'où on reprend un taxi pour Lomé. Je prend la place à gauche derrière : une analyse précise de mon métabolisme me permet de mettre en avant la nécessité pour moi (et mon entourage) d'avoir accès à un courant d'air mais surtout une ouverture sur le monde extérieur (de la voiture) ... au cas où il viendrai la subite envie à mon estomac de rejeter de manière catégorique ce que j'ai tenté de lui faire assimiler...
Le retour se passe bien, je dors, la majeure partie du temps.
Bien naze mais ça va.
On raccompagne Manu aux zem au coin de la rue et on va se prendre un coca (plus de Flag pour moi ce soir).
Puis retour maison, bonsoir Stéphanie, bonsoir le lit ...
Pardon à Stéphanie pour le concert de ronflement que j'ai joué une partie de la nuit.

Lundi 13 septembre
Réveil pas trop difficile malgré mon état hier soir. Pas de dents qui transpirent, pas de cheveux qui poussent à l'envers ... Tout va bien.
Stéphanie n'a pas encore fait de nuit parfaite, mais semble s'adapter aux nuits togolaises. Tant mieux.
Accord tacite ce matin : on ne fait rien.
On se lève tranquillement ... on s'apercoit qu'il est pas 8h ...
Le soleil se lève tellement tôt et les gens sont actifs de si bonne heure qu'on aurait juré qu'il était au moins 10h.
Du coup on est debout quand Joyce repasse nous déposer les croissants. Lucky !!!
Petit déj' de roi bis.
Joyce part bosser, on se douche : que c'est agréable de se doucher comme ça : le perroquet rempli d'eau tiède (on a fait chauffer quelques litres), un petit broc pour se jeter l'eau dessus ! hehe
Après ça on bouquine un peu, on profite. Il fait beau, il faut chaud et on est en va-can-ces !!!
Joyce rentre vers 13h, on se fait un déjeuner bien agréable : crevettes, mayonnaise, riz, tomates, avocats ... miam.
Pour couronner le tout, séance de déballage du fromage (communément appelé : “celui qu'ils n'auront pas!!”).
Délectation, et excitation des papilles, un bon cru. Y a pas à dire, c'est un pure plaisir.
Et hop, direction l'université : Stéphanie derrière Joyce et moi en zem.

Je suis impressionné. C'est pas facile de se débarrasser de ses préjugés ... mais je suis impressionné par le peu que je vois du matériel info. C'est normal, ou pas ... mais ils sont bien équipés. Des salles avec écrans LCD, même si aujourd'hui c'est normal et parfois moins cher que des écrans CRT ... ça donne tout de suite une autre impression.
Je pense quand même que Joyce a vraiment beaucoup fait pour arriver à ce résultat. Bravo mon gars.
En plus c'est bien climatisé, c'est bien agréable.
Nous voici maintenant depuis peut être 3 heures devant des machines. Et moi, j'écris ...
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